30-06-08
N'allez plus dire : je ne savais pas !
Fabrice Nicolino, La faim, la bagnole, le blé
et nous
(Editions Fayard, 2007)
Après l'avoir lu, qui oserait encore dire qu'il ne savait pas ?
Je n’ose pas dater
l’ancienneté de mon diplôme de zoologie et d’écologie, ça ne me rajeunit pas et
je déteste être classé dans la catégorie de la population qui bientôt devra se
nourrir en suçant les racines des chrysanthèmes. Mais n’ayant jamais abandonné
mon intérêt pour les niches écologiques, je dois avouer que considère avec
l’œil protubérant d’entomologiste confronté à une mutation aberrante les
écologistes de tout poil qui ont ainsi trouvé le créneau pour se sentir
exister. Leur dernier nanar à la mode et de vouloir remplacer cette salopperie
de pétrole par des carburants soi-disant bio qui risquent fort de nous bouffer
la vie en remplaçant les gaz carboniques par des phénols. On dignes imbéciles il
y en a qui ne se rendent même pas compte qu’ils militent en fait pour, encore
et toujours, les grosses multinationales chimiques avec à leurs tètes, encore
et toujours, les même petits copains de nos hommes politiques. Toute vergogne
oubliée, ils son en train de remplacer la biodiversité par la monoculture de
palmiers à l’huile. Quand toutes les surfaces cultivables seront ainsi
squattées, et rendues infertiles pour toute autre utilisation pour très
longtemps, vous pouvez toujours rouler dans votre jolie bagnole, mais vous
crèverez de faim. Ne vous inquiétez pas trop, vous serez peut-être les derniers
à crever. Les pauvres pequenots, chargés de cultiver cette manne céleste,
auront eux, depuis longtemps, servi de composte.
Pour une fois qu’un
journaliste intelligent, doté de surcroit d’une belle paire de couilles, prend
le mors aux dents pour dénoncer sans complaisance l’occupe couillon à la mode,
je ne saurais trop conseiller de lire et relire cette perle rare. Et en plus,
il a un sacré style, le bougre ! Avec mes hommages à une fine lame,
pardon : plume.
